La semaine qui s'ouvre va être «très difficile pour le pays, pour la zone euro et pour moi personnellement», a-t-il dit ouvrant un colloque avec le FMI et le patronat grec près d'Athènes. «Il nous faut prendre maintenant des décisions à caractère historique, sinon, nous serons obligés de les prendre prochainement dans des conditions incontrôlables et douloureuses», a-t-il insisté, évoquant à mots couvert la menace d'une cessation de paiement du pays, qui affole les marchés financiers. Le ministre a posé comme priorité le «respect de l'objectif pour 2011», impliquant des mesures correctrices de 1,8 milliard d'euros. Cela doit permettre au pays de continuer à tenir ses engagements, prévoyant «d'arriver à un excédent budgétaire primaire en 2012», a-t-il ajouté.
L'intransigeance des bailleurs de fonds face aux retards pris jusque-là a été exprimée dans la foulée par le représentant permanent du FMI à Athènes, Bob Traa.
Intervenant au côté de M. Vénizélos, il a jugé que «des mesures supplémentaires seront nécessaires pour réduire le déficit budgétaire» grec.
Mais il a mis en garde contre la tentation de recourir une fois de plus à des augmentations d'impôts. Athènes s'y était résolue la semaine dernière avec l'annonce en catastrophe d'une taxe exceptionnelle sur l'immobilier, au montant doublé en 48H.
M. Traa a notamment réclamé une réforme urgente de l'administration fiscale, parmi ces réformes de fond toujours promises mais toujours ajournées par le gouvernement socialiste, au vu de la confrontation frontale qu'elles impliquent avec sa base électorale et syndicale.
Il a appelé à un consensus politique pour mener à bien ce chantier, et regretté le ralentissement des réformes perceptible selon lui depuis novembre 2010, malgré la dramatisation croissante des enjeux par Athènes et ses créanciers. «Même avec la dramatisation, les choses se ralentissent, nous devrions peut-être venir chaque mois», a dit M. Traa. Les médias grecs tablaient sur l'annonce d'un nouvel effort à hauteur de quelque 4 milliards d'euros pour tenir le budget de 2011 et boucler celui de 2012.
Selon les médias, ces mesures, nouvelles ou appliquées en avance sur le calendrier prévu, devaient viser pour l'essentiel à une réduction plus rapide et plus importante des dépenses publiques. Sont notamment évoquées l'instauration d'un plafond aux pensions de retraites et de nouvelles coupes de personnel dans les organismes para-publics. Les chefs de mission de la troïka avaient suspendu au début du mois leur audit du suivi du plan grec de redressement en raison du manque de progrès du pays, et aucun déblocage n'est depuis intervenu pour le versement de la prochaine tranche de prêts internationaux, 8 milliards d'euros -vitaux pour le pays- d'ici fin octobre. La zone euro a au contraire réitéré lors de réunions vendredi en Pologne qu'elle conditionnait toute poursuite de l'aide à des avancées d'Athènes.
Appelés en outre à mettre sur pied un nouveau sauvetage du pays, les bailleurs de fonds exigent la mise en oeuvre des réformes promises, allant des privatisations à la libéralisation du marché du travail, et la remise sur les rails budgétaire.
C'est l'aveu début septembre par la Grèce qu'elle ne tiendrait pas l'objectif promis d'un déficit public de 7,6% du PIB qui a mis le feu aux poudres. Un dérapage qui résulte notamment de l'aggravation de la récession sous le coup de l'austérité, mais aussi de l'incapacité de l'appareil d'Etat grec à encaisser les rentrées fiscales et à couper suffisamment dans les dépenses publiques.
Les divisions de la zone euro sur le dossier grec et les problèmes globaux de dette souveraine ont fait à nouveau plonger les Bourses européennes lundi matin, les valeurs bancaires étant encore une fois très malmenées.
Paris a ainsi ouvert en recul de 2,31%, Francfort de 2,26%, Londres de 1,35%, Milan de 2,6% et Madrid de 2,51%.
L'euro poursuit sa baisse face au dollar, inquiétudes pour la zone euroL'euro poursuivait sa baisse face au dollar lundi, malmené en raison de l'échec de la réunion ce week-end des ministres européens des Finances, lesquels ne sont pas parvenus à s'accorder sur une décision d'octroi d'un nouveau prêt à la Grèce, sous la menace d'un défaut de paiement.
Vers 0600 GMT, l'euro valait 1,3664 dollar contre 1,3797 dollar vers 21H00 GMT vendredi. L'euro chutait aussi face au yen, à 105,11 yens contre 105,94 yens vendredi.
Les ministres européens ont reporté à octobre toute décision sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide - la sixième - de 8 milliards d'euros tirée du premier plan d'aide (de mai 2010) à Athènes, laquelle a cruellement besoin de cet argent et risque la faillite. Les investisseurs attendaient aussi les résultats d'une réunion de deux jours du Comité de politique monétaire de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) qui doit décider mercredi d'augmenter ou non son soutien à une économie américaine à la peine. Les marchés financiers étaient fermés au Japon lundi en raison d'un jour férié. «Les monnaies vont rester sur la défensive tant que les marchés ne seront pas convaincus que les gouvernements de la zone euro sont prêts à agir de manière déterminée pour contenir leur crise de la dette», a affirmé la banque DBS dans un commentaire sur les marchés.
Le repli de la monnaie européenne lui a fait pratiquement perdre ses gains de la fin de semaine dernière lorsque l'euro avait été porté par l'action des principales banques centrales: la Banque d'Angleterre, la Banque centrale européenne, la Banque nationale suisse, la Banque du Japon et la Réserve fédérale des Etats-Unis avaient décidé jeudi un renforcement de l'approvisionnement en dollars.
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