Actuellement, «cinq à six Etats» de l'Union européenne forment une minorité de blocage qui s'oppose au maintien en l'état du budget annuel du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), suite à un arrêt de la Cour européenne de justice en avril, a-t-il estimé.
Selon un autre diplomate européen, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque, le Danemark, et la Suède se sont jusqu'ici opposés à une formule transitoire qui permettrait de surmonter les objections de la Cour de justice et de maintenir le PEAD à son niveau actuel pour 2012 et 2013.
Ce programme permet de distribuer une aide alimentaire à plus de 13 millions de personnes dans 19 des 27 Etats membres de l'Union européenne, tirée théoriquement des stocks européens de la Politique agricole commune.
Mais ces deux dernières années, le niveau des stocks était si bas que l'UE a dû le compenser par des versements d'argent pour permettre l'achat de nourriture à destination des banques alimentaires.
A la suite d'une plainte de l'Allemagne, la Cour européenne de Luxembourg a, en avril, estimé que ces achats étaient incompatibles avec la Politique agricole, obligeant la Commission à ramener l'enveloppe pour les années à venir au niveau des stocks existants, soit 113,5 millions d'euros.
Face au tollé suscité par la proposition, la Commission européenne a finalement trouvé un moyen de contourner les objections de la Cour, mais se heurte à la minorité de blocage.
Ces derniers jours, plusieurs Etats favorables au maintien du programme à son niveau actuel se sont livrés à un lobbying intense auprès des sceptiques pour tenter d'en convaincre au moins un et de faire ainsi voler en éclats la minorité de blocage, ont expliqué des diplomates.
L'Afrique aurait besoin de tripler sa production alimentaireL'Afrique doit tripler sa production alimentaire dans les quarante prochaines années pour nourrir sa population en hausse rapide, selon une estimation de la Banque mondiale rendue publique à Johannesburg lors d'une réunion avant la Conférence de Durban sur le climat. S'exprimant devant un parterre de ministres africains réunis mardi et mercredi dans la capitale économique sud-africaine, l'envoyé spécial chargé du changement climatique de la Banque mondiale, Andrew Steer, a décrit les besoins du continent.
Tripler les récoltes est «un défi extraordinaire, rendu encore plus difficile par le fait qu'il faut augmenter la production dans un environnement de plus en plus hostile à cause du changement climatique», a souligné M. Steer, cité par une lettre d'information industrielle spécialisée. La population africaine devrait doubler sur la période, a-t-il ajouté. «En l'absence de mesures fortes, on estime que les récoltes vont diminuer d'environ 28% en Afrique dans les six à huit prochaines décennies, et ce, même si l'on parvient à limiter le réchauffement de la température d'environ 2 degrés ce que beaucoup d'experts jugent presque impossible», a-t-il ajouté. La conférence de l'ONU sur le changement climatique doit se tenir du 28 novembre au 9 décembre à Durban (est de l'Afrique du Sud). Ce sera une opportunité unique pour l'Afrique «d'influencer l'agenda mondial sur la question du climat», a souligné un dirigeant de l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), Alexander Mueller, présent à Johannesburg.
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