Le président Barack Obama doit rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU cette semaine, qui risque d'être totalement dominée par la question palestinienne.
Pour l'instant, M. Obama n'a pas prévu de rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas. Mais Ryad al-Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères, a déjà demandé mardi aux Etats-Unis de réviser leur position pour se ranger du côté de «la majorité» des pays favorables à la demande d'adhésion d'un Etat palestinien à l'ONU.
Les Palestiniens déplorent que Washington n'ait pu convaincre M. Netanyahu de geler les colonies de peuplement dans les territoires occupés. En Israël, les adversaires politiques de M. Netanyahu sont également déçus.
«Nous avons besoin des Etats-Unis. Et ils ne sont pas au rendez-vous. Ni pour les Palestiniens, ni pour les Israéliens. En tout cas pas pour ceux qui veulent apporter la paix», a déclaré Yossi Beilin, un ancien membre des gouvernements israéliens de gauche des années 90, qui avaient favorisé la conclusion des accords historiques d'Oslo en 1993.
«Il y a un président dont le discours est juste sur toute la ligne,» a dit M. Beilin devant l'International Peace Institute à New York. «Mais sa politique est très différente. Le décalage est frustrant et tragique.»
Les Etats-Unis menacent d'opposer leur veto à tout projet de résolution du Conseil de sécurité visant à admettre un Etat de Palestine à l'ONU, affirmant que seules des négociations directes avec Israël peuvent déboucher sur la création de cet Etat.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré lundi que les Etats-Unis étaient engagés dans des efforts diplomatiques «très intenses» sur la démarche palestinienne.
Mais les diplomates palestiniens affirment qu'aucune des propositions faites par les Américains n'a été suffisamment attrayante pour qu'ils acceptent de transiger et d'éviter une confrontation.
Khaled Elgindy, analyste à la Brookings Institution, estime que la démarche palestinienne «vise à signaler aux Etats-Unis et à la communauté internationale que les Palestiniens sont mécontents de la gestion du processus de paix par les Américains.»
M. Abbas et d'autres dirigeants palestiniens «tentent d'une certaine manière de faire payer les Etats-Unis pour cet échec», et tenir tête à Washington est très bien vu par la population palestinienne.
«Je ne crois pas que les Palestiniens veuillent se débarrasser complètement du parrainage du processus de paix par les Américains, mais ils souhaitent qu'ils jouent un rôle plus impartial. Ils souhaitent aussi élargir le cercle des intervenants de sorte qu'il ne soit plus dominé exclusivement par les Etats-Unis», a estimé M. Elgindy.
L'an dernier, M. Obama avait déclaré devant l'Assemblée générale de l'ONU qu'il voulait voir arriver un Etat palestinien cette année.
S'opposer maintenant à la création d'un tel Etat aux Nations unies accroîtra «l'isolement diplomatique des Etats-Unis sur cette question,» affirme Haim Malka, membre du Center for Strategic and International Studies à Washington.
Affrontements entre colons israéliens et Palestiniens Des affrontements opposaient mardi après-midi une centaine de colons israéliens à des Palestiniens du village d'Asira al-Qibiliya, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, a constaté l'AFP.
Selon les villageois, un groupe de colons originaires de l'implantation voisine de Yitzhar, a attaqué le village, dans une région où les heurts entre Israéliens et Palestiniens sont fréquents, et ont caillassé des maisons palestiniennes.
Les colons, certains équipés de barres de fer et d'armes à feu, et les villageois se jetaient des pierres, selon un photographe de l'AFP. Plusieurs Palestiniens ont été blessés, dont un journaliste de l'agence de presse Wafa qui a été battu par les assaillants, ont précisé des témoins.
Les garde-frontières et des soldats israéliens sont intervenus avec des tirs de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes pour tenter de rétablir l'ordre.
Lundi soir, des colons israéliens avaient incendié une oliveraie, détruisant 500 arbres, près de Naplouse, selon les services de sécurité palestiniens locaux.
Les incidents se multiplient en Cisjordanie entre colons extrémistes et Palestiniens à l'approche de la demande d'adhésion d'un Etat palestinien cette semaine à l'ONU.
Des marches sont organisées mardi soir par des colons de Cisjordanie pour dénoncer l'initiative palestinienne.
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