vendredi 30 septembre 2011

Crise de la dette : La Grèce tiendra ses engagements

«Je veux dire de façon parfaitement claire que la Grèce, moi-même, notre gouvernement, le peuple grec, sont déterminés à faire les changements nécessaires», a déclaré M. Papandréou devant la presse. «Nous faisons les sacrifices nécessaires et nous respecterons les engagements que nous avons pris, nous prendrons nos responsabilités en faisant toutes les réformes nécessaires, d'abord parce que nous voulons changer la Grèce et en faire un pays compétitif, socialement équitable et transparent», a ajouté le chef du gouvernement grec. De son côté, le président français a assuré que la Grèce avait fait part de sa «détermination totale» à mettre en œuvre «scrupuleusement» tous les engagements de la Grèce dans le cadre du plan de sauvetage de l'euro. «L'échec de la Grèce serait l'échec de toute l'Europe», a souligné Nicolas Sarkozy. «Il n'est pas possible de laisser tomber la Grèce pour des raisons morales et économiques», a-t-il insisté en précisant qu'il se rendrait dans les prochains jours en Allemagne pour «accélérer» le plan de secours de la monnaie unique.

Les places financières occidentales, encore tirées dans le rouge par les valeurs bancaires vendredi, semblaient dans l'expectative malgré les bonnes nouvelles de la veille, avec le vote du Parlement allemand et le retour à Athènes de la troïka des bailleurs de fonds publics (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international).
Les investisseurs veulent des certitudes sur l'application du plan de sauvetage décidé le 21 juillet par la zone euro, qui prévoit un renforcement des compétences du Fonds européen de stabilité financière (FESF), mais aussi sur des moyens techniques pour démultiplier sa force de frappe. Il s'agit, selon les analystes, d'endiguer la propagation de la crise à des poids lourds comme l'Italie et l'Espagne, alors que les digues sont encore fragiles : le Portugal a reconnu vendredi que son déficit budgétaire à fin juin n'était «pas aussi prometteur» qu'escompté. Le Premier ministre français François Fillon avait promis mardi que des «propositions» pour «amplifier» la lutte contre la crise seraient faites dès que les députés allemands auraient adopté le renforcement du mécanisme anti-crise.
C'est chose faite : le Bundestag jeudi puis la chambre haute du Parlement allemand vendredi ont donné leur feu vert à une large majorité, un signal fort puisque l'Allemagne est la première économie et donc le premier contributeur de la zone euro. L'Autriche a emboîté le pas vendredi. Mais les parlements de trois des 17 pays de la zone euro n'ont pas encore dit «oui». Outre les Pays-Bas et Malte, l'incertitude plane surtout sur la Slovaquie, où le vote a été fixé au 25 octobre. Or l'Europe s'est formellement engagée, devant ses partenaires américain et émergents, à mettre en œuvre sa stratégie au plus tard mi-octobre. «Il est essentiel que tous les pays membres (...) soutiennent pleinement le renforcement du FESF», a rappelé la Commission européenne. Bratislava espère lever l'incertitude mardi lors d'une réunion de la coalition au pouvoir, très divisée.

Parallèlement, à Athènes, les membres de la troïka passaient en revue l'avancement des mesures de libéralisation des transports et de compression du secteur public, contraints de zigzaguer d'un rendez-vous à l'autre entre les manifestants opposés aux réformes. Cette mission doit leur permettre de décider s'il convient, ou pas, de débloquer les prochains prêts promis à la Grèce par les Européens et le FMI. Faute de quoi elle risque la faillite courant octobre. De l'avis de la troïka - le pays est-il encore solvable ? - dépendra aussi l'avenir du nouveau plan d'aide promis à Athènes..


Transports, secteur public et protestations au menu de la troïkaLes représentants des créanciers internationaux de la Grèce (UE-BCE-FMI) ont examiné vendredi à Athènes l'avancement des mesures de libéralisation des transports et de compression du secteur public, contraints de zigzaguer d'un rendez-vous à l'autre entre les manifestants qui y sont opposés. La délégation, dite troïka, s'est d'abord entretenue avec le ministre des Transports, Yannis Ragoussis, pressé de procéder à la déréglementation des taxis et des poids-lourds, en dépit des résistances de ces secteurs professionnels. La restructuration prévue des transports en communs à Athènes et des chemins de fer, voués à une privatisation partielle, a aussi été discutée. Cette rencontre, comme les deux rendez-vous suivants avec les ministres des Finances et de la Réforme de l'administration, s'est déroulée dans des bureaux anonymes à Athènes pour éviter la contestation, la plupart des ministères étant occupés depuis jeudi à l'appel du syndicat de la fonction publique Adedy.

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