mercredi 21 septembre 2011

pays émergents : Risques élevés pour les finances publiques

Malgré les avancées réalisées par de nombreux pays pour remédier à leurs principales fragilités financières, le contexte international des finances publiques reste exposé à des . «Les pays avancés, émergents et à faible revenu restent confrontés à des défis importants, qui devront être relevés sur fond d'aggravation des risques baissiers pour la croissance ». Pour le FMI, les pays émergents ne sont pas à l'abri d'un retournement de situation.
Certes, explique-t-on, «certains profitent de la conjoncture favorable pour conforter leurs finances publiques». Il n'empêche, dans plusieurs économies, des signes de surchauffe commencent à apparaître. En outre, certains des éléments qui contribuent à la bonne conjoncture macroéconomique (volume des entrées de capitaux et niveau élevé des prix à l'exportation des matières premières, notamment) pourraient se révéler temporaire.

Par ailleurs, les pays émergents connaissent des situations budgétaires très contrastées. Certains ont des ratios d'endettement et des besoins de financement bruts proches des niveaux moyens constatés dans les pays avancés. Un indice d'indicateurs de finances publiques portant sur une série de facteurs liés aux tensions que connaissent les marchés signale que la situation budgétaire des pays émergents est en moyenne plus fragile en Europe et plus solide en Asie. Pour toutes ces raisons, nombre de pays émergents doivent accélérer le renforcement de leurs fondamentaux financiers, avant que leur situation ne se dégrade sous l'effet de facteurs conjoncturels ou des retombées de la crise dans les pays avancés, jusqu'à présent limitées. Si les risques baissiers se concrétisaient, les pays émergents dont l'endettement et les déficits sont peu élevés auraient toujours la possibilité de ralentir le rythme du rééquilibrage de leurs finances publiques pour soutenir la consommation intérieure.
A court terme, le rythme d'ajustement à adopter dépendra, pour chaque pays, de l'intensité de la pression qu'il subit de la part des marchés, de l'ampleur des risques pesant sur sa croissance et de la crédibilité de son programme à moyen terme. A cet égard, il est crucial de consolider les plans à moyen terme et de continuer de communiquer en toute transparence pour être crédible et éviter que les risques budgétaires perçus ne finissent par se matérialiser.

Ce qui, au demeurant, se traduirait par une remontée des taux d'intérêt et des tensions de liquidités pénalisantes pour les fondamentaux. Pour le FMI, une chose est en tout cas sûre, «cette menace ne saurait être négligée et les mesures pour la contrer ne peuvent pas attendre». Les pays à faible revenu ont bien su utiliser leurs marges de manoeuvre budgétaires pendant la crise. Pour l'heure, estime l'organisme financier, ces mêmes pays doivent à la fois reconstituer ces marges et répondre aux besoins de dépenses.

Le niveau élevé des prix des denrées alimentaires et de l'énergie s'est traduit par de fortes pressions de dépenses dans beaucoup de ces pays. Nombre d'entre eux ont jusqu'à présent réussi à répondre aux besoins sociaux sans nuire à leurs finances publiques, mais toute riposte efficace à long terme suppose de mieux cibler les mesures et de se montrer prêt à les inverser en cas de baisse des prix mondiaux. De manière plus générale, les problèmes budgétaires que les pays à faible revenu connaissent depuis longtemps perdurent; un tiers de ces pays sont, soit surendettés, soit confrontés à des risques considérables pour la viabilité de leur dette. La solution passe en particulier par des initiatives destinées à améliorer la croissance potentielle; dans beaucoup de ces pays, il est nécessaire d'investir davantage pour améliorer les infrastructures.

L'amélioration des procédures liées aux investissements, comme le recours à la mise en concurrence ou aux appels d'offres ouverts, peut contribuer à maximiser la productivité des dépenses d'équipement.

Pour l'ajustement budgétaire Au sein de la zone euro, beaucoup de pays ont bien progressé dans la réduction de leurs déficits et dans l'élaboration de plans d'action à moyen terme, tout en s'engageant à améliorer le fonctionnement de leurs institutions budgétaires. Selon le FMI, les écarts de taux se sont néanmoins fortement creusés dans certains des plus grands pays, dont l'Italie et l'Espagne, signe que l'humeur des marchés peut changer soudainement. Dans le monde émergent, les efforts d'ajustement budgétaire à moyen terme sont globalement moins exigeants, mais dans certains pays, la politique budgétaire n'est pas suffisamment rigoureuse compte tenu des tensions inflationnistes et de la rapidité de la croissance, elles-mêmes partiellement attribuables
aux entrées massives de capitaux.

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