Sur le terrain, après quatre jours de relative accalmie, les forces pro-CNT ont lancé samedi un nouvel assaut sur Syrte, fief pro-Kadhafi à 360 km à l'est de Tripoli. «L'ordre (de lancer l'assaut sur Syrte) est venu par surprise après une réunion hier soir (vendredi) de tous les commandants», a déclaré à l'AFP le commandant Mohammed al-Aswawi qui coordonne les opérations des unités sur le front. «Nous n'avons jamais été aussi loin dans la ville», a-t-il dit, ajoutant que la ligne de front avait progressé de quatre à cinq kilomètres dans la ville et que l'objectif était de prendre en étau les forces pro-Kadhafi avec les combattants positionnés au sud de la ville. A Bruxelles, l'Otan a annoncé avoir frappé au cours des dernières 24 heures des cibles «utilisées par les forces de Kadhafi pour menacer la population civile de Syrte», notamment un dépôt d'armement, un canon antiaérien, un centre de commandement et deux véhicules armés.
Le conseil militaire du CNT à Misrata a également indiqué que des combattants qui avaient participé mercredi à la «libération de Djofra», une oasis située à à 300 km au sud de Syrte, arrivaient en renfort sur le front sud de la ville.
Un autre commandant des forces pro-CNT, Oussama Muttawa Swehly, a indiqué que les combattants progressaient aussi depuis la route côtière, à l'ouest de Syrte et qu'un des fils de Mouammar Kadhafi, Mouatassim, se trouvait dans la ville. «Nous l'avons entendu donner des ordres à la radio», a-t-il dit.
Les combattants ont également avancé à l'est de la ville. «Nos troupes ont progressé de sept kilomètres au niveau de la porte est. Il y a eu des combats, parfois violents, avec les forces de Kadhafi», a indiqué à l'AFP le commandant, Mohammed al-Marimi.
Tireurs embusqués
Au cours de l'assaut, au moins six combattants pro-CNT ont été tués et 135 autres blessés, en majorité par des tirs de grenades et de tireurs embusqués, selon des sources médicales.
Ali Mohammed Wada, un combattant blessé par des éclats d'obus et soigné dans une mosquée qui fait office d'hôpital de campagne à l'ouest de Syrte, a fait état de combats violents dans la ville, affirmant que les combattants fidèles au dirigeant en fuite tiraient au lance-roquettes et utilisaient des grenades.
Concernant les habitants, «parmi les informations provenant de Syrte, (il est question) d'exécutions, de prises d'otages et de la prise pour cible intentionnelle de personnes, de familles et de groupes au sein de la ville», a indiqué l'Otan, qui dénonce les «actes brutaux» d'un régime déchu vivant ses derniers jours.
«Des mercenaires errent dans les rues et les civils manquent d'accès aux informations venant de l'extérieur», ajoute l'Alliance atlantique qui cite des «dizaines de témoins directs» faisant état d'une aggravation de la situation.
Plus tôt dans la journée, près de 2.000 personnes fuyant la ville avaient été enregistrées à la mi-journée à un poste de contrôle, certaines déclarant à l'AFP que les pro-Kadhafi se servaient des civils comme de boucliers humains dans la ville, les empêchant jusqu'ici de fuir.
Dans le même temps, à Benghazi, le président du CNT, M. Abdeljalil a reconnu que des «divergences de points de vues» entre les membres du CNT et du bureau exécutif avaient retardé à la semaine prochaine l'annonce de la composition du gouvernement de transition.
Prochaine visite au Niger d'une délégation du CNT libyenLe Niger accueillera bientôt une délégation du Conseil national de transition (CNT) libyen pour améliorer la coordination bilatérale face aux problèmes nés de la révolution en Libye, a indiqué samedi à l'AFP à New York le ministre des Affaires étrangères nigérien.
Mohamed Bazoum s'exprimait à l'issue d'une rencontre entre le président nigérien Mahamadou Issoufou et le numéro deux du CNT Mahmoud Jibril à laquelle il a participé, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.
L'entretien de MM. Issoufou et Jibril a porté notamment sur «la situation d'insécurité dans la sous-région» et la nécessité d'une «plus grande coordination» entre Niamey et Tripoli pour y faire face, a précisé le ministre.
La visite permettra d'aborder également la question du «séjour de personnalités libyennes» au Niger et de la prolifération dans la région d'armes provenant de Libye qui est «une préoccupation centrale», a encore dit M. Bazoum.
Le Niger affirme accueillir, «à titre humanitaire», 32 proches du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dont un de ses fils, Saadi, trois généraux et l'ancien chef des brigades sécuritaires du régime.
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