Cette dégradation a ravivé la peur d'une contagion de la crise grecque à l'ensemble de l'Union monétaire, tandis que les entretiens entre Athènes et la troïka de ses créanciers (zone euro et Fonds monétaire international) n'aboutissaient pas. Pour ajouter au pessimisme, le Fonds monétaire international (FMI) a drastiquement abaissé ses prévisions pour les Etats-Unis, tablant sur une croissance de 1,5% en 2011 contre 2,5% en juin, et pour les pays de la zone euro, signe que l'économie réelle patine. Habitués à ce que les banques centrales jouent les pompiers en période de crise, les investisseurs ont alors reporté leurs espoirs sur la Réserve fédérale américaine (Fed), mais les attentes ont été rapidement douchées. Non seulement, l'institution monétaire a dressé un tableau noir de l'économie des Etats-Unis, jugeant la reprise «lente» et menacée par des «risques importants», mais les mesures annoncées ont semblé largement insuffisantes.
La Fed va vendre d'ici à la fin juin 2012 pour 400 milliards de dollars de bons du Trésor et en racheter pour un montant identique avec une maturité plus longue. Avec pour effet de maintenir bas les taux d'intérêt à long terme. La réponse des marchés a été sans équivoque jeudi. A New York, le Dow Jones a dégringolé de 3,5% et le Nasdaq de 3,25%. La déroute des places financières européennes a été encore plus forte. Paris et Francfort ont lâché autour de 5% et Londres a cédé plus de 4,5%.
Le secteur bancaire a été très malmené alors que la recapitalisation de certaines banques européennes est désormais présentée comme inévitable et concernerait une vingtaine d'établissements au minimum. C'est dans cette ambiance anxiogène que s'est ouverte jeudi soir à Washington la réunion du G20, qui réunit des ministres des Finances et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents. Les investisseurs espéraient des avancées mais leurs attentes ont été une nouvelle fois mises à mal.
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