samedi 24 septembre 2011

Adhésion de la Palestine à l�ONU : Abbas dépose la demande historique

M. Abbas a présenté cette requête contenue dans une enveloppe portant l'emblème palestinien, peu avant son discours devant l'Assemblée générale, a constaté un photographe de l'AFP. Plus de soixante ans après le partage de la Palestine, M. Abbas a prévu de remettre la demande au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui devait la transmettre sans tarder pour examen au Conseil de sécurité, comme le prévoit la procédure de l'ONU. Israël et les Etats-Unis s'opposent catégoriquement à cette initiative, exigeant qu'elle soit précédée d'un accord de paix avec l'Etat juif.

Cette démarche historique était prévue à 11H35 (15H35 GMT), avant le discours de M. Abbas à la tribune de l'ONU prévu environ une heure plus tard, a indiqué l'ambassadeur palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour. M. Ban transmettra la demande «vers le milieu de l'après-midi» à la mission du Liban, pays qui assure ce mois-ci la présidence tournante du Conseil de sécurité, a-t-on appris vendredi de source onusienne. «L'administration américaine a fait tout ce qui était en son pouvoir pour faire échec à notre projet. Mais nous allons aller de l'avant, en dépit des obstacles et des pressions, car nous voulons obtenir nos droits, nous sommes le seul peuple au monde encore sous occupation», a affirmé jeudi M. Abbas lors d'une rencontre avec une délégation d'Américains d'origine palestinienne. M. Abbas a redit
avoir rejeté plusieurs propositions présentées comme des alternatives à sa demande, sans préciser lesquelles, mais indiquant que certaines étaient «irrationnelles et très éloignées du droit international».

Un «raccourci» illusoire
Le président américain Barack Obama a récusé mercredi à la tribune de l'ONU comme un «raccourci» illusoire la demande palestinienne à laquelle les Etats-Unis comptent opposer leur veto au Conseil de sécurité si nécessaire. Après son discours, «le président Abbas rentrera (à Ramallah) pour étudier les options des Palestiniens, lors d'une réunion avec la direction palestinienne, notamment l'initiative présentée par le président Nicolas Sarkozy», a indiqué jeudi le négociateur palestinien Saëb Erakat. Le président français a appelé mercredi l'Assemblée générale à accorder à la Palestine le «statut intermédiaire d'Etat observateur», identique à celui du Vatican, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix «définitif» d'ici un an.
Actuellement, les Palestiniens doivent se contenter d'être une «entité ayant le statut d'observateur» à l'ONU. Israël a opposé vendredi une fin de non-recevoir à la proposition de M. Sarkozy.
Les Palestiniens comptent obtenir «plus que les neuf voix» sur 15 nécessaires au Conseil de sécurité pour valider une demande d'adhésion, a affirmé jeudi à l'AFP le conseiller diplomatique de M. Abbas, Majdi al-Khaldi, ce qui forcerait les Etats-Unis à recourir au veto.

Le vote au Conseil ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, mais les Palestiniens se sont dits prêts à attendre qu'il statue avant d'étudier des alternatives. «Si à un certain moment, qui n'a pas été décidé, nous considérons qu'il y a eu un délai injustifié, nous irons à l'Assemblée générale (...) S'il n'y a pas de décision ou un veto, nous irons à l'Assemblée générale», a déclaré mercredi le négociateur palestinien Nabil Chaath.
Des foules de Palestiniens étaient massées vendredi soir dans les villes autonomes de Cisjordanie, au moment où le président Mahmoud Abbas remettait à l'ONU la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine, selon des témoins et la sécurité palestinienne. «Des dizaines de milliers de manifestants sont rassemblés dans le centre des grandes villes comme Ramallah, Hébron et Naplouse», a déclaré à l'AFP le porte-parole des forces de sécurité palestiniennes, le général Adnane Damiri. Les rassemblements se déroulaient dans une ambiance festive, ont constaté des correspondants de l'AFP. «Certains ont commencé à applaudir quand ils ont appris la nouvelle qu'Abou Mazen (le nom de guerre de Mahmoud Abbas) avait remis la demande d'admission». A Ramallah, sur la place historique Al-Manara, les participants écoutaient attentivement et sagement le discours du président Abbas devant l'Assemblée générale à New York, à des milliers de kilomètres de là. Côté israélien, l'armée et la police étaient en état d'alerte, les autorités ont déployé quelque 22.000 policiers le long de la «ligne verte», qui sépare Israël de la Cisjordanie, près des localités arabes israéliennes ainsi qu'à Al Qods-Est occupée et annexée.

Les Etats-Unis ont vendu des bombes anti-bunkers à Israël Les Etats-Unis ont autorisé la vente de 55 puissantes bombes anti-bunkers à Israël, a rapporté vendredi le magazine Newsweek sur son site internet. Israël avait réclamé dès 2005 la fourniture de ces bombes GBU-28 à haute pénétration, capables de détruire un bunker enfoui sous terre. Mais le Pentagone avait alors bloqué le projet, craignant qu'Israël ne procède à des transferts de technologie en Chine, affirme Newsweek.
Le président George W. Bush a finalement informé le Premier ministre israélien Ehud Olmert que les bombes seraient livrées en 2009-2010, selon Newsweek, qui cite des responsables américains et israéliens s'exprimant sous couvert d'anonymat. Les ventes d'armes à l'étranger font l'objet d'une notification publique au Congrès, qui a l'autorité pour éventuellement les bloquer.

Si aucune trace de la vente de 55 de ces armes n'apparaît sur le site internet de l'Agence de coopération de défense et de sécurité (DSCA) chargée des ventes d'armes américaines, une autorisation de vente de 50 de ces bombes a bien été notifiée par la DSCA le 3 août 2007. «Nous ne faisons pas de commentaire», a pour sa part déclaré le porte-parole du Pentagone, George Little, qui a toutefois indiqué que les Etats-Unis restaient engagés à aider Israël à maintenir sa supériorité militaire dans la région.

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