mercredi 1 décembre 2010

Poursuite pour la 3ème journée consécutive du Forum international sur les études dans les sciences humaines

Nouakchott, 30/11/2010 - Le Forum international sur la Mauritanie sur le thème " Etudes dans les sciences humaines " s'est poursuivi mardi pour la 3ème et dernière journée consécutive.Les conférences présentées mardi ont abordé des sujets dont le premier porte sur " l'Islam et ses réincarnations en Mauritanie " et la seconde sur " les langues, la littérature et l'enseignement en Mauritanie ".Dans son exposé sur le premier thème, le conférencier, le Professeur Yahya Ould Baraa a évoqué les différentes étapes de manifestations de l'Islam dans le pays, précisant que la Mauritanie a connu trois périodes dans ce domaine :- la phase du commerce caravanier et des campagnes passagères ayant abouti à la naissance d'ensembles musulmans non sunnites comme " savriyeti el abadhiyeti ".- La seconde période est celle des mouvements réformateurs (Mourabitounes), qui ont unifié les populations du pays sur le rite sunnite au 11 siècle environ.- La troisième phase a été caractérisée par la pro! pagation du savoir dans toute la Mauritanie et par une action plus dynamique des Oulémas, à partir du 16 siècle jusqu'à aujourd'hui.Le conférencier a parlé également le rite malékite et la foi d'El Ech-ari, la voie d'El Jouneid dans le sophisme, en plus des réincarnations modernes de l'Islam.Les interventions relatives à cette conférence ont porté sur la nécessité de rester attachés au rite malékite, du fait qu'il est l'une des voies qui utilisent les textes et la jurisprudence à la fois.La seconde conférence a été présentée, quant à elle, par Mme Catherine Ten Cheikh, qui a parlé de la langue la plus répandue aujourd'hui, soulignant qu'il est possible de la désigner par " la langue moyenne " ou " le hassaniya intelligent ", comme l'appellent les mauritaniens, dira-t-elle.Madame Catherine a fait part de son admiration pour le dialecte et pour la poésie hassaniya, précisant qu'elle a édité une oeuvre sous le titre " Le dialecte hassaniya chez les gens de l'ouest".Elle a soul! igné aussi les aspects énigmatiques qui caractérisent parfois ! ce parler populaire, comme sa ressemblance aux dialectes arabes de l'Orient.La conférencière a indiqué également que l'uniformité du dialecte hassaniya est surprenante en Mauritanie, au Mali et à Tindouf, ajoutant que la langue sanhaja est sur le point de disparaître, qu'elle est maintenant pauvre dans sa globalité, citant quelques unes de ses expressions, encore présentes aujourd'hui dans le dialecte hassaniya.Les commentaires sanctionnant cette présentation ont été axés sur le débat de la musique classique mauritanienne et ses liens avec la poésie hassaniya, en plus de l'importance du lyrisme populaire, en raison de ses atouts parfois éducatifs, jouant souvent le rôle de textes utiles pour instruire les populations.Deux autres conférences ont été présentées hier, dont la première a porté sur les ressources et les époques de l'histoire de la Mauritanie, présentée par M. Abdel Weddoud Ould Cheikh et la seconde, sur le thème " la Mauritanie à l'heure de la mondialisation ", ! animée par M. Ali Ben Saad, Professeur de géographie au Centre Jacques Book.Le premier conférencier a évoqué les études postcoloniales et l'influence du colonialisme sur les colonisés qui ont côtoyé le colon après son départ.Le conférencier a essayé d'éclairer la vision antérieure, pendant et après la colonisation, se fondant sur les sentiments des citoyens pendant ces périodes, se posant la question" s'il existe une réalité derrière le conflit opposant le colonisateur au colonisé ".Le second conférencier a indiqué que la Mauritanie est entrée dans la mondialisation à travers la migration, du fait qu'elle est devenue une terre d'exode plus que tout autre Etat.Il a évoqué aussi les différentes migrations continues qu'a vécues la mauritanie, entre communautés et entre l'Europe et l'Afrique, soulignant qu'il n' y a pas de désert dans un monde avec des oasis à part le désert mauritanien.Il a indiqué également que l'immigration peut ne pas être causée par des facteurs économique! s, comme le pensent beaucoup, mais le résultat de vouloir s'informer et! contempler des paysages naturels fascinants, comme c'est le cas pour la Mauritanie, a-t-il dit.Il a parlé aussi des rapports entre l'immigration et les mobiles politiques, l'immigration et l'interpénetration régionale.Dans une déclaration faite à l'AMI, M. Deddoud Ould Abdallahi, professeur d'histoire à l'université de Nouakchott et ancien conférencier du Forum sur le patrimoine culturel mauritanien, a indiqué que l'étude du patrimoine mauritanien a montré que les manuscrits nationaux étaient de 30 milles environ, dont il n'existe et n'est conservé aujourd'hui que 6 milles seulement.Il a ajouté enfin que les ancêtres ont conservée les manuscrits existants dans des conditions économiques difficiles, soulignant que l'érudit Cheikh Mohamed El Mamy a prononcé à son époque une fatwa selon laquelle les Oulémas doivent profiter des dépenses de la Zakat, qu'ils méritent du fait qu'ils représentent les pauvres, et qu'ils protègent en même temps de précieux livres.

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